3e Journée d’Étude du CRIEST

3e Journée d’étude du CRIEST

3 MARS 2021

9 H – 15 H 30

Objectifs

  • Prendre connaissance du niveau d’avancement des différents projets identifiés dans le devis de recherche du CRIEST ainsi que de dégager les points de convergence entre eux.
  • Offrir une plateforme pour la présentation des travaux des étudiants (soit les travaux menés par les étudiants eux-mêmes qui sont en lien avec la programmation; soit des projets de recherches du devis sur lesquels les étudiants sont embauchés).
  • Faire avancer la réflexion générale du collectif par des échanges communs.

Coordination: Leila Ghaffari, agente de recherche du CRIEST – CONTACTER

Synthèse de la journée

Par Joris MAILLOCHON et Louis-Philippe BLANCHETTE

L’un des objectifs de la journée d’étude du CRIEST était de permettre aux étudiant.e.s de pousser leur réflexion sur leur recherche et collaborer via des questionnements et des discussions. Les chercheurs et chercheuses, étudiant.e.s comme professeur.e.s, ont eu la chance d’échanger sur leur positionnement par rapport à leur recherche. C’est ainsi que des échanges riches ont eu lieu sur des questions méthodologiques. Le consensus était clair, et en a rassuré plusieurs : il ne faut pas avoir peur de changer certains aspects de sa recherche si la planification de celle-ci ne convient pas à une compréhension adéquate de la réalité étudiée. Flexibilité et nuances sont des notions importantes du parcours de recherche.

L’intervention initiale sur le parcours de recherche a percolé tout au long de la journée. Une des observations les plus marquantes était le constat de terminer sa recherche avec plus de questions que de réponses. En effet, le message a été repris souvent et plusieurs étudiant.e.s avaient le même sentiment.

La recherche participative, action, ou collaborative est importante au sein du CRIEST. Des étudiant.e.s n’ont pas hésité à poser des questions lorsqu’un chercheur ou une chercheuse semblait s’en éloigner. Dans certains cas, on se rend compte que la collaboration est plus difficile. La distance physique ou culturelle ne permet pas toujours aux chercheurs et chercheuses de travailler dans une collaboration aussi intense que souhaité. Dans cet esprit de collaboration entre chercheurs et chercheuses, certain.e.s étudiant.e.s s’assurent que tous les aspects d’une problématique soient soulevés par l’étudiant.e en charge. En effet, la collaboration a permis de soulever des questionnements sur le point de vue des minorités ou des populations marginalisées.

Par ailleurs, il a été rappelé que lorsque la chercheuse ou le chercheur utilise des concepts clés, elle ou il doit être certain.e d’en faire ressortir un maximum de sens. Territoire, communauté ou Culture sont trois concepts qui ont été centraux et il a été rappelé d’avoir une certaine précaution dans leur utilisation.

Le CRIEST travaillant sur les nouveaux modèles d’actions en développement territorial, l’attachement au territoire est une notion fondamentale et centrale des projets d’études. Tout au long de la journée, la question de la culture reliée au territoire, son imaginaire et sa perception ont suscité beaucoup de discussions. 

Dans de nombreux projets présentés, le sentiment d’appartenance territoriale favorise la volonté de développement de communs sur les plans autant culturel que territorial. Cette dimension a été centrale dans les présentations portant sur le bâtiment 7 ainsi que dans celles sur les communs territoriaux et culturels de la rue Masson et du quartier Saint-Michel. 

Il a aussi été question de créer ou de renouer une vision du territoire. Le thème identitaire a été plus présent dans les projets portant sur des territoires éloignés des métropoles, comme le Saguenay ou la Côte-Nord. Dans ces cas, l’objectif est de mettre de l’avant un modèle d’action inclusif, juste et favorisant l’identité territoriale.

Dans ce contexte, les échanges et présentations ont permis de questionner la place du chercheur ou de la chercheuse par rapport au territoire étudié. Comment elle ou il l’a choisi ? Quel est son rapport à celui-ci ? Comment éviter les biais liés au positionnement du chercheur ou de la chercheuse ? Les concepts de point de vue situé et de two eyes seeing ont été mentionnés et l’importance de la réflexivité et du partenariat avec les communautés qui constituent l’objet d’étude a été rappelée.

Les présentateurs et présentatrices se sont questionnés sur la maximisation de la portée de leur recherche. Ils se sont attaqués à des problèmes concrets et importants pour eux, et veulent s’assurer que leurs résultats puissent améliorer la situation des populations concernées. Après avoir écrit une recherche, fait un résumé et présenté ses données aux groupes de personnes concernés, les étudiant.e.s continuaient de croire que la diffusion des résultats de la recherche n’était pas complète. Le groupe a souligné l’importance d’utiliser le bon moyen de communication pour rejoindre la bonne population. Les projets effectués à l’internationale représentent un défi supplémentaire à ce niveau puisque la communication avec les participant.e.s est complexifiée.

La pandémie a évidemment eu un impact important dans les recherches de plusieurs présentateurs et présentatrices. Elle a ajouté une variable, changé les perspectives et mis leur flexibilité à l’épreuve. 

En effet, certain.e.s ont été privés d’une partie de leur terrain de recherche. Des étudiant.e.s ont pu commencer leurs entrevues en personne puis ont dû passer à l’entretien à distance. Ceci a eu pour effet de changer leur rapport à leur communauté d’étude et la proximité à leur terrain en diminuant la spontanéité des échanges. Les données produites sont donc à analyser sous ce nouveau prisme. 

La centralité de la pandémie est telle qu’elle a donné lieu à une table ronde complète sur le sujet et nourrit les discussions de nombreux points de vue. Cette crise est-elle passagère ? La perception de cette crise comme endogène ou exogène change aussi la perspective et le rôle de l’action. Comment l’utiliser comme levier et favoriser la pérennisation des initiatives qui en découlent ? 

Si pour certain.e.s, les choses, dans les mois à venir, devraient revenir comme elles étaient. Certains intervenant.e.s ont plutôt pointé que la pandémie n’avait pas apporté que du négatif. Des innovations ont eu lieu, par exemple des activités culturelles qui avaient réussi rayonner davantage et à trouver d’autres façons d’établir de liens avec leur public.

Ces questionnements ont amené la question d’une nouvelle normalité. Il en est ressorti la nécessité de créer un nouveau narratif afin de favoriser la transition écologique et d’envisager que la vie en pandémie puisse être en quelque sorte une nouvelle normalité à laquelle l’innovation sociale doit permettre de s’adapter.

La journée d’étude du CRIEST, comme cela a été dit au sujet de la recherche, a probablement permis de soulever plus de questions que de réponses. Ce type de rencontre donne certainement une motivation supplémentaire à poursuivre ses recherches, et ce peu importe le niveau d’avancement des projets.

Vidéos de la journée

Mot de bienvenue et conférence d’ouverture

Mot de Bienvenue – Professeur Juan-Luis Klein, Conférence d’ouverture – Leila Ghaffari, PhD

Séance 1 – Capacité collective et croisement des savoirs

Cécile Collinge – Laurence Croteau – Mame Salah Mbay

Séance 2 – Territorialité et appartenance au territoire

Adélaïde Levavasseur – Alexandre Paré – David Dufour-Laflamme

Séance 3 – Configurations d’acteurs dans le développement des territoires

Charlotte Bellehumeur – Morgane Pellerin – Marianne Couture-Cossette

Table ronde – Pandémie et innovation sociale

Nathalie Marceau – Laurent Sauvage – Wilfredo Angulo

Commentaires finaux et mot de la fin

Pierre-André Tremblay – Juan-Luis Klein